Sommaire
Pour équiper un court de tennis, chaque décision dépend de la précédente : l’emprise, puis le sol, la surface de jeu et les équipements. Ce guide détaille les dimensions à respecter, les étapes de construction, le filet, l’éclairage et le tableau de score, ainsi que les normes, les autorisations, le budget et la réception du court.
Quelles dimensions prévoir pour un court de tennis ?
Un court ne se résume pas à ses lignes. L’aire de jeu, les zones de recul et la hauteur sous plafond forment un tout. Ensemble, elles déterminent la surface de terrain à réserver avant de dessiner le moindre plan.

Lignes de jeu et marquage
L’aire de jeu mesure 23,77 m de long. Sa largeur est de 8,23 m en simple et de 10,97 m en double : en simple, les couloirs latéraux ne servent pas. Pour le marquage, le guide FFT–ANDES fixe la largeur des lignes ordinaires à 5 cm, avec une tolérance de ± 1 cm. Les lignes de fond peuvent atteindre 10 cm.
Ces cotes restent toutefois insuffisantes pour un court de compétition. Pour la compétition, les dégagements et les installations annexes doivent correspondre au niveau d’homologation visé. Vérifiez ce niveau avant de figer le plan.
Dégagements et hauteur libre
Une fois les lignes posées, il reste à prévoir l’espace qui les entoure. La Fédération française de tennis recommande une emprise de 36 × 18 m, soit 648 m², pour le court et ses dégagements.
Dans le schéma de référence de la FFT, ces 648 m² se répartissent ainsi : 6,10 m de recul derrière chaque ligne de fond et environ 3,50 m de chaque côté. Le besoin exact dépend du projet et du niveau de jeu.
Dès que le court est couvert, la hauteur compte autant que la surface au sol. Le guide FFT–ANDES indique au moins 7 m de hauteur libre au-dessus de l’aire de jeu et 3 m au-dessus des dégagements. Ces hauteurs se mesurent sans compter l’ossature ni l’éclairage.
Orientation et implantation
Sur un court extérieur, l’orientation se décide avant tout en fonction du soleil. Un grand axe nord-sud limite l’éblouissement au lever comme au coucher du soleil.
Cet axe idéal doit ensuite s’adapter au site. Le vent, le relief, les arbres et les ombres portées peuvent justifier un léger décalage.
Enfin, l’emprise retenue doit aussi accueillir les accès et les équipements. Placez-les à l’écart des zones où courent les joueurs, pour qu’aucun obstacle n’entre dans les dégagements.
Comment construire la surface de jeu ?
Pour construire un court qui reste plat et sec, il faut travailler de bas en haut : le sol, puis la fondation et l’évacuation de l’eau, et enfin le revêtement. Une erreur dans les couches inférieures se voit tôt ou tard en surface.
Diagnostic du sol et terrassement
Tout commence par un diagnostic du terrain. Si le sol est compressible ou instable, une étude géotechnique peut être nécessaire. Ce diagnostic examine plusieurs points :
- Nature du sol : son type et son homogénéité sur toute l’emprise.
- Portance et stabilité : sa capacité à supporter les couches sans se tasser.
- Niveaux : le relief existant et les écarts à corriger.
- Évacuation des eaux : les exutoires possibles pour les eaux de pluie.
Ce bilan oriente ensuite la préparation de la plateforme. Le terrassement consiste à décaper la terre végétale, gérer les déblais, régler les niveaux et compacter le sol. La composition de la fondation dépend à son tour des remblais, du risque de tassement, de l’humidité, du gel et du revêtement choisi.
Fondation, pente et drainage
Une fondation peut reposer sur des matériaux granulaires compactés, sur une structure drainante ou sur un support construit. L’épaisseur des couches dépend du sol et du revêtement. Aucune valeur standard ne s’applique à tous les projets.
À l’inverse, la gestion de l’eau dépend du type de surface. Pour les sols imperméables, un cahier des charges FFT indique une pente de 0,8 % ± 0,2 %. Sur un système perméable, l’eau traverse les couches prévues pour cela, puis s’évacue sans saturer la plateforme.
Le drainage d’un terrain de tennis comprend des drains, des regards et des exutoires adaptés au terrain et aux eaux pluviales. Sur le chantier, contrôlez les niveaux et le bon fonctionnement de ces ouvrages avant de les recouvrir. Vérifiez aussi les règles locales de rejet.
Choix du revêtement et entretien
La FFT distingue le béton poreux, l’enrobé poreux, la résine, la terre battue traditionnelle, la terre artificielle, le gazon synthétique et les revêtements textiles. Leur structure diffère, leur entretien aussi. Le béton poreux laisse passer l’eau, mais ses pores peuvent se colmater. Une résine synthétique s’applique sur un support préparé, dont les fissures doivent être traitées au préalable.
La charge d’entretien varie aussi d’une surface à l’autre. La terre battue traditionnelle doit être arrosée, balayée et ses lignes entretenues. Le gazon synthétique demande de contrôler les fibres, le remplissage, les joints et la planéité.
| Revêtement | Comportement face à l’eau ou au support | Points d’entretien |
| Béton poreux | Laisse passer l’eau à travers sa structure | Colmatage des pores à surveiller |
| Résine synthétique | Appliquée sur un support préparé | Fissures du support à traiter |
| Terre battue traditionnelle | Surface minérale | Arrosage, balayage, entretien des lignes |
| Gazon synthétique | Fibres posées sur un support, parfois avec remplissage | Fibres, remplissage, joints, planéité |
Quels équipements installer autour du jeu ?
Une fois la surface terminée, le court reçoit ses équipements : filet, clôture, éclairage et affichage du score. Chacun a ses cotes et son mode de fixation. Il doit aussi résister à l’usage quotidien.
Filet, poteaux et clôture
Le filet mesure 1,07 m de haut aux poteaux et 0,914 m au centre. Pour le réceptionner, plusieurs points sont à vérifier :
- Fixations : le filet est solidement tenu.
- Poteaux : ils restent stables, même sous tension.
- Piquets de simple : ils sont posés lorsque les règles du match l’exigent.
- Clôture : elle retient les balles sans arête ni fil dangereux.
Pour la clôture d’un court extérieur, le guide FFT–ANDES prévoit une porte de 2 m de haut et un passage d’au moins 1,10 m. Sur terre battue, prévoyez un passage plus large.
Éclairage extérieur ou couvert
Le guide FFT–ANDES fixe un éclairement moyen maintenu de 300 lux en extérieur et de 500 lux sous couverture. À la réception, il recommande 400 à 500 lux en extérieur. Sous couverture, il recommande au moins 600 lux, car l’éclairement baisse avec le temps.
Au-delà de ces niveaux, la norme NF EN 12193, publiée en décembre 2018, encadre l’uniformité, l’éblouissement et la méthode de mesure. L’étude propre au court détermine ensuite les projecteurs, les supports, les raccordements et les commandes.
Tableaux de score et fixation
Un tableau manuel fonctionne sans électricité ni réseau, mais le score se change à la main sur place. Un modèle connecté peut transmettre les résultats : il faut alors prévoir la connectivité, la maintenance et une solution de secours. Tennis-scorer propose le tableau compact recto verso : il mesure 80 × 60 × 1 cm et pèse 3 kg. Ce modèle affiche le score sur ses deux faces, pour 169,00 € à 169,90 €. Ses chiffres de 12 cm sur 2,5 cm sont lisibles à plus de 50 m. Lors d’un changement de côté, le cadrage automatique des chiffres prend 2 secondes. En format plus grand, le grand modèle recto verso mesure 120 × 60 × 1 cm et pèse 4 kg. Il affiche 3 sets, avec des chiffres de 0 à 7. Les deux tableaux se fixent au grillage avec les attaches fournies. Un tableau peut aussi être présenté sur un mât fixé au poteau de filet. Cette installation est proposée par Tennis-scorer.
Quelles règles respecter avant les travaux ?
Avant de lancer les travaux, deux cadres s’appliquent. Les normes sportives encadrent la réalisation du court. L’urbanisme et la fiscalité dépendent des ouvrages réellement construits.
Normes sportives et accueil du public
La construction des terrains de tennis extérieurs et intérieurs est encadrée par la norme NF P90-110, publiée le 7 juin 2023. Elle porte notamment sur l’infrastructure et les couches de jeu. Pour la conception, la FFT renvoie à plusieurs critères :
- Géométrie : dimensions, planéité et pente.
- Visibilité : éclairage et couleurs.
- Dépendances : les annexes du terrain.
Si le site reçoit du public, les règles d’accessibilité des établissements recevant du public (ERP) s’appliquent. Le diagnostic porte sur le parcours depuis l’entrée, les portes, les circulations et les espaces utiles. Les exigences varient selon le site.
Autorisations d’urbanisme et délais
La démarche d’urbanisme dépend des ouvrages et de leur implantation. Un court extérieur, une couverture, des bâtiments, une clôture ou des projecteurs peuvent relever d’une déclaration préalable, d’un permis ou d’exigences propres à un secteur protégé. Le plan remis au service urbanisme peut montrer le court, ses dégagements, les accès, les terrassements, la clôture, l’éclairage et les éventuels bâtiments.
Le délai d’instruction de référence est de 1 mois pour une déclaration préalable complète. Il passe à 3 mois pour un permis de construire portant sur un ouvrage autre qu’une maison individuelle, sauf cas particuliers. Un tiers dispose ensuite de 2 mois pour former un recours. Ce délai court dès le premier jour d’un affichage régulier et continu de 2 mois. En cas de refus, les travaux ne peuvent pas commencer.
Fiscalité du court et de ses ouvrages
Selon le BOFiP, un court découvert aménagé par un particulier pour son usage privé n’est pas, en lui-même, soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Une exploitation commerciale ou des installations distinctes peuvent changer cette analyse.
Ce même court privé peut en revanche relever de la taxe foncière sur les propriétés non bâties. Pour la taxe d’aménagement, les bâtiments, les stationnements et les autres éléments du projet sont examinés séparément du court extérieur.
Quel budget et quel calendrier prévoir ?
Le budget d’un court ne s’arrête pas à la facture des travaux. Il comprend aussi le coût d’usage sur toute sa durée de vie. Le calendrier, lui, dépend des autorisations, de la météo et des contrôles de réception.
Budget initial et coût d’usage
Le coût de construction dépend de chaque poste du projet. Pour que des devis soient comparables, ils doivent reposer sur les mêmes hypothèses de préparation du support, de drainage, d’équipements et de contrôles de réception. Les principaux postes sont les suivants :
- Études et terrassement : diagnostic, plateforme et niveaux.
- Fondations et drainage : couches de support et évacuation des eaux.
- Revêtement : la surface de jeu choisie.
- Clôture, éclairage et accès : les équipements autour du court.
À ce budget initial s’ajoute le coût d’usage. Il comprend l’entretien courant, les consommables, l’eau, l’énergie, les renouvellements prévisibles et les périodes où le court est indisponible.
Étapes et aléas du calendrier
Le calendrier s’enchaîne en plusieurs étapes : études, autorisations, consultation des entreprises, travaux, réception et mise en service. La météo peut retarder le terrassement comme la pose du revêtement.
Avant d’ouvrir le court aux joueurs, il faut aussi compter les temps de prise ou de séchage du système retenu. Intégrez-les dès le planning de départ.
Réception et maintenance des installations
La réception porte sur les dimensions, la pente, la planéité, les écoulements, les ancrages, le filet et l’éclairage installé.
Notez chaque réserve constatée lors de ces contrôles. Avant la mise en service, récupérez les documents techniques des ouvrages et des équipements.
Ces documents servent ensuite à établir le programme de maintenance. Il couvre la surface, le filet, les poteaux, la clôture, les accès, l’éclairage et le tableau de score. Les fréquences d’intervention dépendent de l’usage et des notices.
Foire aux questions
Un tableau de score est-il obligatoire sur un court de tennis ?
Non, les règles générales du tennis ne l’imposent pas sur les courts de loisir : vérifiez le règlement de chaque compétition accueillie. Le règlement 2026 du circuit mondial seniors de l’ITF prévoit un tableau pour les épreuves MT700 et MT1000. Il le recommande, si possible, pour les grades MT100 à MT400. Aucune dimension officielle n’est imposée.
Un club peut-il se faire accompagner par la FFT pour équiper ses courts ?
Oui. Par l’intermédiaire des ligues, la FFT propose gratuitement aux clubs affiliés un accompagnement technique pour leurs projets d’équipement. Il peut comprendre des visites techniques, un diagnostic des installations et un rapport.
Que vérifier à la réception d’un court en gazon synthétique ?
Vérifiez qu’il n’y a ni espace ni chevauchement aux joints et que les lignes sont bien fixées. Contrôlez aussi que le sable est réparti de façon homogène et qu’aucune flaque ne subsiste après la pluie.

